En bref La Loi Jardé crée un cadre juridique unique et harmonisé pour toutes les recherches impliquant la personne humaine en France. Elle instaure 3 catégories graduées selon le risque, rend le CPP obligatoire pour toutes, et adapte les règles de consentement à chaque niveau. Décret d’application publié le 17 novembre 2016, entrée en vigueur le 18 novembre 2016.

01Qu’est-ce que la Loi Jardé ?

La Loi n° 2012-300 du 5 mars 2012, dite Loi Jardé, du nom du député Pr. Olivier Jardé qui en a été l’initiateur, est la loi relative aux Recherches Impliquant la Personne Humaine (RIPH). Elle refond intégralement le cadre législatif de la recherche clinique en France, en remplacement de la Loi Huriet-Sérusclat de 1988.

« L’enjeu était de simplifier et d’harmoniser les procédures réglementaires tout en améliorant la sécurité des personnes qui se prêtent à la recherche. » — Pr. Olivier Jardé, député de la Somme, initiateur de la loi

La loi définit à l’Article L1121-1 du Code de la Santé Publique les RIPH comme les « recherches organisées et pratiquées sur l’être humain en vue du développement des connaissances biologiques ou médicales ».

Objectifs fondamentaux

  • Un cadre juridique unique : harmonisation de toutes les recherches sous un seul texte ;
  • Approche basée sur le risque : 3 catégories graduées selon les risques et contraintes ajoutés ;
  • Élargissement du champ : intégration des disciplines non médicales (sociologie, psychologie, etc.) ;
  • Simplification : un socle commun (promoteur + CPP) pour toutes les recherches ;
  • Clarification du consentement : règles adaptées à chaque catégorie.
Champ d’application — Périmètre de la loi
La Loi Jardé s’applique uniquement aux recherches portant sur l’être humain vivant. Sont exclues de son champ : les recherches portant uniquement sur des données rétrospectives (relevant de la CNIL/INDS), et les recherches portant sur des échantillons biologiques déjà collectés (relevant de la loi bioéthique).

02Historique réglementaire

La réglementation française de la recherche sur la personne s’est construite progressivement depuis 1947, par strates successives, jusqu’à la refonte globale opérée par la Loi Jardé.

1947 · 1964
Code de Nuremberg & Déclaration d’Helsinki
Fondements éthiques internationaux de la recherche biomédicale. La Déclaration d’Helsinki établit les principes du consentement éclairé et de l’évaluation indépendante.
1988
Loi Huriet-Sérusclat
Premier texte français encadrant la recherche biomédicale. Crée les Comités Consultatifs de Protection des Personnes (CCPPRB). Distingue les recherches avec et sans bénéfice individuel direct.
2001
Directive européenne 2001/20/CE
Harmonisation européenne pour les essais cliniques de médicaments. Impose des exigences renforcées pour les essais multicentriques.
2004
Loi de Santé Publique n°2004-806
Transposition de la directive 2001/20/CE. Crée 3 catégories : Recherche Biomédicale (RBM), Recherche en Soins Courants (RSC), Recherche Non Interventionnelle (RNI). « Mille-feuilles » législatif très complexe.
5 mars 2012
Loi Jardé — Loi n° 2012-300 promulguée
Refonte totale : cadre unique, 3 nouvelles catégories basées sur le risque, CPP obligatoire pour toutes. La loi est publiée mais nécessite des décrets d’application.
16 juin 2016
Ordonnance n°2016-800
Ordonnance de mise en conformité avec le Règlement européen n°536/2014 sur les essais cliniques de médicaments et finalisation du cadre Jardé.
17 novembre 2016
Décret d’application n°2016-1537 — Entrée en vigueur le 18 nov. 2016
Publication du décret d’application au Journal Officiel. La Loi Jardé entre en vigueur le lendemain, 18 novembre 2016, soit 4 ans après sa promulgation.
3 mai 2017
Arrêté du 3 mai 2017 — Liste des risques et contraintes minimes
Fixe la liste des actes et interventions entrant dans le cadre de la catégorie 2 (RIRM hors médicament).

03Les 3 catégories de RIPH

La Loi Jardé définit trois catégories de recherches selon les risques et contraintes ajoutés à la prise en charge habituelle par la recherche. Cette graduation est le principe fondateur de l’approche basée sur le risque.

1
Recherches Interventionnelles
Ancienne « Recherche Biomédicale » (RBM)

Comportent une intervention sur la personne non justifiée par sa prise en charge habituelle. Incluent les essais cliniques de médicaments expérimentaux et dispositifs médicaux.

  • Médicaments expérimentaux
  • Dispositifs médicaux expérimentaux
  • Chirurgie, anesthésie non habituelles
  • Toutes phases I, II, III, IV interv.
2
RIRM — Interventionnelles à Risques Minimes
Hors médicament expérimental

Comportent uniquement des risques et contraintes minimes, hors médicament expérimental. Liste des actes autorisés fixée par l’arrêté du 3 mai 2017.

  • Questionnaires/entretiens à impact
  • Prélèvements sanguins ajoutés
  • Techniques de psychothérapie
  • Attribution aléatoire de soins courants
3
Recherches Non Interventionnelles
Observationnelles — Aucun acte supplémentaire

Ne comportent aucun risque ni contrainte ajoutée. Tous les actes et produits sont utilisés de manière habituelle, sans procédure supplémentaire de diagnostic, traitement ou surveillance.

  • Études observationnelles prospectives
  • Études épidémiologiques (données actuelles)
  • Études de cohorte sans acte ajouté
  • Questionnaires sans impact sur la prise en charge
Exemples d’actes relevant de la catégorie 2 — Arrêté du 3 mai 2017
  • Attribution aléatoire d’actes ou de stratégies diagnostiques ou médicales d’intervention ;
  • Toute adjonction d’acte ou produit de pratique habituelle ;
  • Prélèvement de sang en fonction du poids de la personne ;
  • Prélèvement d’échantillons biologiques autres que le sang (urines après sondage, écouvillonnage, expectoration provoquée…) ;
  • Entretiens et questionnaires pouvant mettre en jeu la sécurité ou conduire à une modification de la prise en charge habituelle.

Comparaison avec l’ancienne Loi de Santé Publique

Loi de Santé Publique (2004)Loi Jardé (2016)
Recherche Biomédicale (RBM)Catégorie 1 — Interventionnelle RI
Recherche en Soins Courants (RSC)Catégorie 2 — RIRM (hors médicament)
Recherche Non Interventionnelle (RNI)Catégorie 3 — RNI observationnelle

04Procédures réglementaires par catégorie

Les démarches réglementaires sont graduées selon la catégorie. Un socle commun s’applique à toutes (promoteur + avis CPP), mais l’intensité du contrôle réglementaire varie.

Démarche Catégorie 1
Interventionnelle
Catégorie 2
RIRM
Catégorie 3
Non Interventionnelle
Désignation d’un promoteur Obligatoire Obligatoire Obligatoire
Avis du CPP Obligatoire Obligatoire Obligatoire
Autorisation ANSM Obligatoire Non requise — envoi résumé + avis CPP Non requise — envoi résumé + avis CPP
Assurance / Responsabilité Obligatoire Obligatoire Non requise
CNIL / Protection des données Engagement MR-001 Engagement MR-001 Engagement MR-003
Enregistrement registre Obligatoire Recommandé Recommandé
Essais cliniques de médicaments — Règlement 536/2014
Pour les essais cliniques portant sur des médicaments expérimentaux (catégorie 1), le Règlement européen n°536/2014 s’applique en parallèle de la Loi Jardé. Il prévoit notamment la soumission via le portail européen CTIS (Clinical Trials Information System) et une procédure d’évaluation partagée entre États membres.

05Le Comité de Protection des Personnes (CPP)

La Loi Jardé rend l’avis d’un CPP obligatoire pour les trois catégories de recherches — c’est l’une des innovations majeures par rapport à l’ancienne réglementation où les RNI n’y étaient pas soumises. Elle crée également une Commission Nationale des Recherches Impliquant la Personne Humaine (CNRIPH) pour coordonner et harmoniser les CPP.

Missions du CPP

📋
Avis éthique préalable
Évalue la pertinence scientifique, la méthodologie, les bénéfices et risques prévisibles, et les conditions d’information et de consentement.
🔒
Protection des personnes
Vérifie la protection des participants, notamment les populations vulnérables (mineurs, majeurs protégés, personnes en situation d’urgence).
📊
Données & éthique
Évalue la conformité des modalités de traitement des données personnelles et des conditions de collecte d’échantillons biologiques.
💰
Indemnisations
Contrôle les modalités et montants d’indemnisation des participants pour éviter toute influence indue ou commercialisation du corps humain.
🏥
Qualifications
Examine les CV et qualifications des investigateurs ainsi que l’adéquation des lieux de réalisation de la recherche.
🔄
Suivi continu
Révisions du protocole, amendements substantiels, rapport annuel et rapport final de sécurité communiqués au CPP.
Tirage au sort des CPP
Depuis la Loi Jardé, le CPP compétent est désigné par tirage au sort parmi les CPP agréés. Cette mesure vise à garantir l’indépendance du comité et à éviter les relations privilégiées entre promoteurs/investigateurs et comités locaux. La CNRIPH gère le mécanisme de tirage au sort.

06CNIL & Protection des données personnelles

Parallèlement à la Loi Jardé, le traitement des données personnelles de santé collectées dans le cadre d’une recherche est encadré par la Loi Informatique et Libertés. Le système des Méthodologies de Référence (MR) permet de s’affranchir de l’autorisation individuelle de la CNIL dans certains cas.

Méthodologies de référence

MRApplicable auxDémarche
MR-001Recherches Interventionnelles (Cat. 1 et 2) prospectivesEngagement de conformité en ligne sur le site CNIL. Pas d’autorisation individuelle requise si conformité totale.
MR-003Recherches Non Interventionnelles (Cat. 3) prospectivesEngagement de conformité en ligne sur le site CNIL. Pas d’autorisation individuelle requise si conformité totale.
MR-002Recherches portant sur les dispositifs médicaux de diagnostic in vitro (DM-DIV)Engagement de conformité en ligne sur le site CNIL.
Cas particulier des recherches rétrospectives
Les recherches rétrospectives (portant sur des données existantes avec changement de finalité) sont hors du champ de la Loi Jardé. Elles relèvent de la Loi de Modernisation du Système de Santé et du circuit INDS (Institut National des Données de Santé) avec avis du CEREES et autorisation CNIL.

07Le consentement éclairé

La Loi Jardé adapte les modalités de recueil du consentement à chaque catégorie de recherche, selon une logique de proportionnalité au risque.

Situations particulières — Catégorie 1

SituationParticipantProche / Représentant
Situation d’urgence (non vitale) Inclusion possible si accord oral obtenu. Accord écrit dès que possible. Si présent : obligation de solliciter le proche. Si absent : inclusion possible sans accord préalable.
Urgence vitale immédiate Inclusion sans accord préalable. Information et accord dès que possible. Présent ou absent : pas d’obligation de sollicitation préalable. Information dès que possible.
Impossibilité de consentir par écrit Obtention de l’accord oral. Document signé par un tiers attestant de l’accord. Si présent : attestation écrite requise.
Personne de confiance
La Loi Jardé intègre la notion de personne de confiance : toute personne majeure peut en désigner une (parent, proche, médecin traitant) qui sera consultée si elle ne peut exprimer sa volonté. Sa désignation est faite par écrit, cosignée par la personne désignée, et est révisable à tout moment. Son témoignage prévaut sur tout autre.

08Populations vulnérables

La Loi Jardé établit des règles spécifiques renforcées pour les populations dites vulnérables, afin de garantir leur protection accrue.

Mineurs

  • Peuvent être inclus en Cat. 1 et 2 uniquement si des recherches d’efficacité comparable ne peuvent être effectuées sur des personnes majeures ;
  • Consentement du représentant légal (titulaires de l’autorité parentale) obligatoire — les deux parents en principe ;
  • Exception : accord d’un seul parent si le risque est minime, si l’autre titulaire est absent, et si le participant n’est pas un volontaire sain ;
  • Si l’enfant devient majeur avant la fin de la recherche, la confirmation du consentement doit être recueillie ;
  • Assent du mineur (accord adapté à son âge) doit être recherché.

Majeurs protégés (tutelle, curatelle)

  • Inclus en Cat. 1 uniquement si les recherches visent directement l’amélioration de leur condition ou celle de personnes présentant les mêmes caractéristiques ;
  • Consentement du représentant légal obligatoire (tuteur), après accord du conseil de famille si nécessaire ;
  • La personne sous protection doit être informée et consultée si son état le permet.

Personnes privées de liberté / Hospitalisées sans consentement

Interdiction de principe
Il est interdit de solliciter les personnes privées de liberté par décision judiciaire pour des recherches de catégorie 1, sauf si la recherche leur apporte un bénéfice direct justifiant le risque. Les hospitalisations d’office (HDT/HO) font l’objet de règles similaires.

Femmes enceintes, parturientes, mères allaitantes

  • Peuvent participer à des recherches Cat. 1 si le bénéfice escompté justifie le risque prévisible pour la mère, l’embryon, le fœtus ou le nourrisson ;
  • Le consentement doit tenir compte de la situation particulière de la grossesse ou de l’allaitement.

09Vigilance & Événements Indésirables Graves (EIG)

La Loi Jardé harmonise les règles de vigilance pour les 3 catégories, en adaptant les obligations à l’intensité du risque.

Type d’événementCat. 1Cat. 2Cat. 3Délai
Événement Indésirable Grave (EIG) Déclaration obligatoire Déclaration obligatoire Déclaration obligatoire Immédiat (24-48h)
Réaction Indésirable Grave Inattendue (RIGI/SUSAR) Déclaration accélérée ANSM Si applicable Non applicable 7 jours (fatal) / 15 jours
Rapport annuel de sécurité (DSUR) Obligatoire Selon protocole Non requis Annuel

Circuit de déclaration des EIG

  • Investigateur → Promoteur : sans délai dès connaissance de l’événement ;
  • Promoteur → ANSM : pour les réactions inattendues graves, déclaration accélérée ;
  • Promoteur → CPP : information des événements susceptibles d’affecter la sécurité des participants ;
  • Promoteur → Investigateurs : transmission des informations de sécurité pertinentes.

10Promoteur & Investigateur

La Loi Jardé instaure l’obligation de désigner un promoteur et un investigateur pour toutes les catégories de recherches, constituant ainsi le socle commun réglementaire.

Le Promoteur

Personne physique ou morale qui prend l’initiative de la recherche, en assume la responsabilité, organise son financement et assure la gestion. Peut être institutionnel (CHU, INSERM, universités) ou industriel (laboratoire pharmaceutique).

  • Souscrit l’assurance de responsabilité civile (Cat. 1 et 2) ;
  • Assure la traçabilité et la pharmacovigilance des médicaments expérimentaux ;
  • Dépose les demandes auprès de l’ANSM et du CPP ;
  • Peut déléguer certaines activités à un ORC (Organisme de Recherche sous Contrat) ou CRO ;
  • Assume la responsabilité des dommages liés à la recherche (indemnisation des participants).

L’Investigateur

Médecin ou chirurgien-dentiste responsable de la conduite pratique de la recherche sur le site. Doit être qualifié par sa formation et son expérience.

  • Respecte le protocole et les BPC ;
  • Recueille le consentement éclairé des participants ;
  • Déclare les EIG au promoteur sans délai ;
  • Dans les études Cat. 2 et 3, peut ne pas être médecin si l’étude ne comporte pas d’actes médicaux (chercheurs en SHS, psychologues…).
Promoteur-investigateur
Une même personne peut être à la fois promoteur et investigateur (promoteur-investigateur), typiquement dans le cadre des études académiques initiées par un clinicien-chercheur. Cette situation cumule l’ensemble des obligations des deux rôles.

11Champs exclus de la Loi Jardé

Certaines recherches ne relèvent pas de la Loi Jardé et obéissent à des cadres réglementaires différents.

Type de rechercheCadre applicable
Études rétrospectives sur données existantes Loi de Modernisation du Système de Santé — Circuit INDS, avis CEREES, CNIL
Études sur collections biologiques déjà constituées Loi Bioéthique — Conservation des éléments du corps humain
Audits cliniques (évaluation des pratiques) Hors Loi Jardé si finalité exclusivement qualité des soins
Enquêtes de satisfaction/qualité de vie sans données médicales Hors Loi Jardé selon conditions — expertise au cas par cas
Études sur personnes décédées Loi Bioéthique — Conditions spécifiques si consentement non exprimé de leur vivant

FAQQuestions fréquentes

Comment savoir dans quelle catégorie classer ma recherche ?
La classification repose sur la nature et le niveau des risques et contraintes ajoutés par la recherche à la prise en charge habituelle. Posez-vous : (1) Y a-t-il un médicament expérimental ou un dispositif médical expérimental ? → Cat. 1. (2) Y a-t-il des actes supplémentaires figurant dans l’arrêté du 3 mai 2017 ? → Cat. 2. (3) Aucun acte supplémentaire, tous les soins et produits sont habituels ? → Cat. 3. En cas de doute, consultez votre Direction de la Recherche Clinique ou le CPP.
Un médecin est-il obligatoirement l’investigateur pour toutes les recherches ?
Pour la catégorie 1 (interventionnelle), l’investigateur doit être un médecin ou chirurgien-dentiste. Pour les catégories 2 et 3, si la recherche ne comporte pas d’actes médicaux, l’investigateur peut être un autre professionnel qualifié — psychologue, sociologue, chercheur en sciences humaines et sociales — selon la nature de la recherche et l’avis du CPP.
Quelle est la différence entre la Loi Jardé et le Règlement européen 536/2014 ?
Le Règlement européen n°536/2014 s’applique spécifiquement aux essais cliniques de médicaments (catégorie 1 impliquant un médicament expérimental) et prévaut sur le droit national. Il impose la soumission via le portail CTIS et une procédure d’évaluation européenne harmonisée. La Loi Jardé couvre un champ plus large (toutes les RIPH, y compris les Cat. 2 et 3) et s’applique en complément pour les aspects nationaux non couverts par le règlement européen.
Faut-il une assurance pour une étude de catégorie 3 ?
Non. L’assurance de responsabilité civile du promoteur est obligatoire uniquement pour les catégories 1 et 2 (recherches interventionnelles). Pour la catégorie 3 (non interventionnelle), elle n’est pas exigée par la loi, bien que certains promoteurs institutionnels choisissent de couvrir l’ensemble de leurs activités de recherche.
Comment gérer le consentement dans une étude de clusters (randomisation par grappes) ?
La randomisation par grappes (ex : randomisation par service hospitalier ou par médecin) est une situation particulière prévue par la Loi Jardé. Lorsque la méthodologie de l’essai rend le recueil d’un consentement individuel impossible (randomisation en clusters interventionnelle à risques minimes), une dérogation au consentement individuel peut être accordée par le CPP. L’information collective et la possibilité de retrait individuel restent obligatoires.
Qu’est-ce que la CNRIPH et quel est son rôle ?
La Commission Nationale des Recherches Impliquant la Personne Humaine (CNRIPH), créée par la Loi Jardé, est placée auprès du Ministre de la Santé. Elle coordonne les CPP, harmonise leurs pratiques, gère le mécanisme de tirage au sort pour la désignation du CPP compétent, et peut arbitrer les désaccords. Elle représente une avancée majeure pour standardiser les pratiques entre les différents CPP français.
Quelles sont les sanctions en cas de non-respect de la Loi Jardé ?
Le non-respect des dispositions de la Loi Jardé expose à des sanctions pénales et administratives. Mener une recherche de catégorie 1 ou 2 sans autorisation/avis CPP ou sans consentement est passible de poursuites pénales. Le promoteur engage également sa responsabilité civile pour tout dommage causé aux participants. L’ANSM peut suspendre ou interdire des recherches non conformes.
Sources & Références officielles Loi n° 2012-300 du 5 mars 2012 — Légifrance · Décret n°2016-1537 du 16 novembre 2016 (J.O. du 17 novembre 2016) · Arrêté du 3 mai 2017 fixant la liste des interventions relevant de la catégorie 2 · GIRCI SOHO — Autoformation Loi Jardé, version 2.0, septembre 2017 · DRCD/DIRC Île-de-France (AP-HP) — La Lettre du DRCD, juin 2012, dossier Loi Jardé · Ministère des Solidarités et de la Santé — Présentation PPL Jardé · Ordonnance n°2016-800 du 16 juin 2016 · Règlement européen n°536/2014 · ArcAcadémie — arcademie.com